A Ouessant, dans le cimetière attenant à l'église se trouve toujours le monument de la proëlla, qui rappelle le lourd tribut payé à la mer par les Ouessantins.
Le marin péri en mer (ou au combat....) ne pouvant être inhumé en terre chrétienne, une petite croix de cire symbolisait son corps.
La coix était formée de 2 serviettes blanches (ou une coiffe blanche) pliées et au croisement de ces serviettes, on couchait une petite croix, fabriquée instantanément avec 2 petites bougies blanches.
C'était l'homme le plus ancien de la parenté qui annoncait à la veuve, (ou la mère) du disparu, après être passé chez tous les proches de la famille : "il y a proëlla chez toi ce soir ma pauvre enfant". C'est ainsi qu'elle était avertie de la disparition de son proche.........
(la proëlla est le terme désignant à la fois la croix qui remplaçait le disparu et la cérémonie funèbre elle-même).
On veillait la croix avant de la porter en procession, comme s'il s'agissait d'un cercueil, jusqu'à l'église. Après l'office du défunt, on plaçait la proëlla dans une urne en bois
(située dans l'église) et on ne l'a portait au cimetière qu'à l'occasion de la visite de l'évêque.
Lors de la venue de l'évêque, au cours d'une grande cérémonie à l'église, on prenait les croix qui avaient été déposées dans l'urne accrochée sur un pillier, et on les emmenait au cimetière pour être déposées dans une espèce de tombe en forme de petite maison : la proëlla.

Ce petit mausolée a été construit en 1865 pour abriter les croix de proëlla. Cette pratique aura perduré jusqu'en 1962 mais elle reste toujours vivante dans le coeur des ouessantins ! ! !